# Testez votre sauvegarde : l’exercice de restauration en une matinée

> « Le serveur a brûlé lundi matin » : un exercice de restauration en une matinée pour savoir ce que vous récupérez, en combien de temps, et ce qui manque.

Publié le 20 octobre 2026 · Valentin Souvay, fondateur et consultant en transformation numérique (Onilys)

Source : https://onilys.fr/blog/tester-sa-sauvegarde-lexercice-de-restauration-en-une-matinee/

Toutes les entreprises ont une sauvegarde. Peu d’entre elles l’ont déjà restaurée. Entre les deux, il y a tout ce qu’on découvre le jour où l’on en a besoin. Un exercice d’une matinée évite de le découvrir ce jour-là.

## En bref

### L’exercice de restauration, en une matinée

- **Un scénario** écrit : panne, rançongiciel, suppression par erreur.
- **Une liste** de ce qui doit être restauré, par ordre d’importance.
- **Un chronomètre** : combien de temps pour retrouver un fichier, une boîte mail, un serveur.
- **Un compte rendu** : ce qui a marché, ce qui a manqué, ce qui a été décidé.
- À refaire une fois par an, et après chaque changement d’outil.

Lundi, 8 h 15. Le serveur de fichiers ne répond plus. Ou bien tous les documents partagés s’appellent désormais `.locked`, avec une demande de rançon. Ou encore, plus banal, un collaborateur a supprimé le dossier des devis en cours vendredi soir, et personne ne s’en est aperçu avant ce matin.

Dans les trois cas, la question est la même : que récupère-t-on, et en combien de temps ? La plupart des entreprises répondent « on a une sauvegarde ». Très peu peuvent répondre avec un chiffre, parce qu’elles n’ont jamais restauré. L’exercice décrit ici prend une matinée et donne ce chiffre.

## Pourquoi une sauvegarde non testée n’en est pas une

Les sauvegardes échouent silencieusement. Un disque externe plein depuis six mois, un dossier déplacé qui n’est plus dans le périmètre, un abonnement cloud résilié par erreur, une sauvegarde chiffrée dont personne n’a le mot de passe, un support stocké à côté du serveur et détruit avec lui. Aucun de ces cas ne se voit avant d’essayer de restaurer.

La règle 3-2-1 (trois copies, deux supports, une hors site) protège contre la perte d’une copie. Seul un test de restauration protège contre une copie inutilisable.

## Préparer l’exercice

Une heure de préparation, une semaine avant :

**Écrire le scénario.** Choisissez-en un, concret : « Le serveur de fichiers est détruit » ou « Un rançongiciel a chiffré les postes et le serveur dimanche ». Le second est le plus instructif, parce qu’il oblige à se demander si les sauvegardes elles-mêmes sont à l’abri.

**Lister ce qui compte.** Avec les responsables de service, classez ce qui doit revenir en premier : la messagerie, les devis et commandes en cours, la comptabilité, les plans, l’outil de production. Pour chaque élément, notez combien de temps l’activité peut tenir sans lui. C’est votre objectif de délai de reprise.

**Prévenir les bonnes personnes.** Le prestataire informatique, le référent interne, un représentant de chaque service pour vérifier les données restaurées. L’exercice se fait à blanc, sur un environnement de test ou une machine à part : il ne doit pas perturber le travail.

## Dérouler l’exercice

Le matin de l’exercice, chronomètre en main :

1. **Retrouver la sauvegarde.** Où est-elle, qui a les accès, les mots de passe sont-ils disponibles ? Cette première étape surprend souvent.
2. **Restaurer un fichier précis**, par exemple un devis de la semaine dernière. Combien de temps ? Est-il bien dans sa version du jour demandé ?
3. **Restaurer une boîte mail** ou un dossier de messagerie, si la messagerie est dans le périmètre.
4. **Restaurer un serveur ou un outil métier complet** sur une machine de test, et vérifier qu’il démarre et que les données sont cohérentes.
5. **Vérifier avec les métiers** : un responsable ouvre les données restaurées et confirme qu’elles sont complètes et à jour.

À chaque étape, notez la durée, les blocages et les surprises. Dans le scénario rançongiciel, ajoutez une question : la sauvegarde était-elle accessible depuis le réseau ? Si oui, elle aurait été chiffrée aussi.

## Lire les résultats

L’exercice produit trois informations :

- **Ce qui est réellement sauvegardé.** L’écart avec ce que l’on croyait est fréquent : un outil métier hébergé chez un éditeur sans sauvegarde externe, des fichiers sur les postes de travail, la messagerie non couverte.
- **Le délai de restauration** mesuré, à comparer avec ce que chaque service peut supporter. Si la comptabilité tient trois jours et que la restauration en prend cinq, il faut investir.
- **La perte de données** : si la sauvegarde est quotidienne, une journée de travail est perdue. Est-ce acceptable pour les commandes ? Pour les plans ?

Ces deux derniers chiffres portent des noms dans les plans de reprise d’activité, le RTO et le RPO ; peu importe le vocabulaire, l’important est de les connaître et de les avoir décidés.

## Le compte rendu, et la suite

Une page suffit : scénario, participants, durées mesurées, écarts constatés, décisions prises, date du prochain exercice. Ce document a plusieurs usages : il sert de preuve pour votre assurance cyber, pour un audit ISO 27001 ou pour les exigences de la directive NIS2 si vous êtes concerné, et il devient la base de votre plan de reprise.

Les décisions typiques qui en sortent : ajouter la messagerie au périmètre, isoler une copie hors réseau, documenter les accès, raccourcir la fréquence pour certaines données, et refaire l’exercice dans un an.

## Les erreurs à éviter

- **Tester seulement un fichier.** C’est utile, mais un serveur complet qui ne redémarre pas est un problème d’une autre ampleur.
- **Laisser le prestataire tester seul.** Il connaît la technique ; vous seul savez ce qui compte pour l’activité.
- **Ne pas écrire le compte rendu.** Dans six mois, personne ne se souviendra des écarts.
- **Ne jamais recommencer.** Les outils changent, les périmètres aussi.

La sauvegarde est le premier des réglages que nous vérifions dans [notre revue de Microsoft 365](https://onilys.fr/blog/microsoft-365-les-reglages-de-securite-a-verifier-dans-votre-entreprise/), et le socle d’une [démarche ISO 27001](https://onilys.fr/blog/la-norme-iso-27001-cest-quoi/). Si vous voulez organiser un premier exercice avec un regard extérieur, [parlons-en](https://onilys.fr/contact/).

## Questions fréquentes

### Notre prestataire gère la sauvegarde. Faut-il quand même tester ?

Oui, avec lui. C’est l’occasion de vérifier ce qui est réellement sauvegardé, à quelle fréquence, et en combien de temps il peut restaurer. Demandez-lui un compte rendu écrit de l’exercice : c’est une pièce utile pour votre assureur et pour un audit.

### Microsoft 365 ou Google Workspace sauvegardent-ils nos données ?

Ils les conservent et assurent la disponibilité du service, mais ils ne sont pas un service de sauvegarde : une suppression, un chiffrement par rançongiciel ou une erreur découverte après le délai de rétention ne sont pas couverts. Une sauvegarde externe reste nécessaire, et doit être testée comme les autres.

### Combien de temps faut-il pour restaurer ?

Cela dépend du volume, du support et de l’organisation : quelques minutes pour un fichier, plusieurs heures ou jours pour un serveur complet. C’est précisément ce que l’exercice mesure. Le résultat se compare ensuite à ce que l’activité peut supporter, pour décider s’il faut investir.
