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Validation des achats : un circuit automatisé plutôt que des e-mails

« Tu peux me valider ça ? » Dans beaucoup d’entreprises, la validation des achats passe par des e-mails, des transferts et des relances. Le circuit existe, mais personne ne sait où en est une demande. Voici à quoi ressemble le même circuit une fois automatisé.

5 min de lecture Par Onilys

Femme travaillant sur un ordinateur portable à un bureau blanc

Prenons un circuit d’achat tel qu’il existe dans beaucoup de PME, de l’atelier au bureau d’études. Un collaborateur a besoin d’un outillage, d’une prestation ou d’une fourniture. Il envoie un e-mail à son responsable, qui le transfère à la direction si le montant est élevé, qui répond « ok » quelques jours plus tard. Le collaborateur passe commande, parfois par e-mail, parfois par téléphone. La facture arrive à la comptabilité, qui ne sait pas à quoi elle correspond et demande à tout le monde.

Rien n’est faux dans ce circuit. Tout y est lent, invisible et fragile : si le responsable est en congé, la demande attend ; si l’e-mail est perdu, la facture est litigieuse. Voici le même circuit, automatisé, avec ce qu’il faut prévoir à chaque étape.

Étape 1 : la demande

Le point de départ est un formulaire, pas un e-mail. Il demande ce qui sera utile ensuite, et rien de plus :

  • l’objet et la quantité ;
  • le fournisseur pressenti, ou « à définir » ;
  • le montant estimé ;
  • le service ou l’affaire à imputer ;
  • la date souhaitée ;
  • une pièce jointe si un devis existe.

La demande reçoit un numéro dès sa création. C’est ce numéro qui suivra la commande et la facture. Le demandeur voit à tout moment l’état de sa demande, ce qui supprime les « tu as vu mon mail ? ».

Étape 2 : la validation

Les règles de validation sont décidées avant de construire le circuit, et écrites simplement. Par exemple :

  • jusqu’à un premier seuil, le responsable du service valide seul ;
  • au-delà, la direction, ou la direction financière, valide en second ;
  • certains types d’achat (informatique, intérim) passent en plus par un référent.

L’outil applique ces règles : il envoie la demande au bon validateur, avec un bouton « valider » ou « refuser avec motif » accessible depuis le téléphone. Si rien ne se passe au bout de deux jours, il rappelle ; si le validateur est absent, il bascule vers son suppléant. Personne n’a plus à relancer à la main.

Les validations sont tracées : qui, quand, avec quel commentaire. C’est utile en interne, et c’est une preuve pour les commissaires aux comptes ou un audit.

Étape 3 : la commande

Une fois validée, la demande devient un bon de commande numéroté, généré à partir des informations déjà saisies, et envoyé au fournisseur. Plus de ressaisie, plus de commande orale. Le fournisseur reçoit un document clair avec le numéro à rappeler sur sa facture.

Si l’entreprise a un ERP, c’est à cette étape que la commande y est créée, automatiquement. Nous avons expliqué ce que l’ERP apporte à ce type de circuit.

Étape 4 : la réception et la facture

À la livraison, le demandeur confirme la réception en un clic, éventuellement avec une réserve. Quand la facture arrive, la comptabilité la rapproche de la commande grâce au numéro : montant conforme, réception confirmée, la facture part en paiement. En cas d’écart, la demande de précision va directement à la bonne personne, avec le contexte.

Ce rapprochement est aussi une étape vers la facture électronique, qui demandera des circuits de validation numériques et des données structurées.

Les outils possibles

Le circuit décrit se construit avec des briques très différentes selon ce que l’entreprise possède déjà :

  • Un ERP avec module achats : le circuit y est souvent prévu, il suffit de le paramétrer avec vos seuils et vos validateurs.
  • Microsoft 365 : formulaire ou application Power Apps, liste SharePoint, Power Automate pour les validations, les rappels et la génération du bon de commande.
  • Un outil d’automatisation (Make, n8n, Zapier) qui relie un formulaire, une base de données et la messagerie.
  • Un développement sur mesure, quand les règles sont complexes ou que l’intégration avec d’autres systèmes l’exige.

Le choix dépend moins de la technique que de la question posée dans notre article sur l’automatisation en PME : le processus est-il stable et décrit ? Si les seuils changent selon l’humeur ou si personne ne sait qui valide quoi, aucun outil ne tiendra.

Les erreurs qui font échouer le circuit

  • Un formulaire trop long, qui pousse les demandeurs à revenir à l’e-mail.
  • Des seuils non décidés, qui se discutent au cas par cas dans l’outil.
  • Pas de voie pour l’urgence, donc des contournements qui deviennent la norme.
  • Une comptabilité tenue à l’écart de la conception, alors qu’elle est la principale bénéficiaire.
  • Aucun indicateur : délai moyen de validation, demandes en attente, achats hors circuit. Ce sont eux qui montrent que le circuit tient.

Ce que ça change

Le demandeur sait où en est sa demande. Le validateur traite en une minute depuis son téléphone. La comptabilité ne cherche plus. La direction voit les engagements avant les factures. Et tout le monde cesse de se relancer.

C’est un processus typique de ceux que nous passons en revue en atelier avec les équipes : une demi-journée pour décrire le circuit réel, repérer les ressaisies et les attentes, et décider par quoi commencer. Prendre rendez-vous pour le workshop

Questions fréquentes

Faut-il un ERP pour automatiser les achats ?

Non, mais s’il y en a un, c’est souvent le bon endroit : la plupart des ERP ont un module d’achats avec circuit de validation, parfois jamais activé. Sans ERP, un formulaire, une liste partagée et un outil d’automatisation suffisent pour un circuit simple, à condition que la comptabilité récupère ensuite les données sans ressaisie.

Comment gérer les seuils de validation ?

Par des règles écrites une fois : jusqu’à tel montant, le responsable de service valide seul ; au-delà, la direction ou la direction financière s’ajoute. L’outil applique ces règles automatiquement. L’essentiel est que les seuils soient décidés avant de construire le circuit, pas pendant.

Que faire des achats urgents ?

Prévoir une voie rapide plutôt que de laisser le circuit se faire contourner. Par exemple, une validation par téléphone, régularisée dans l’outil le jour même par celui qui a validé, avec le motif de l’urgence. Les urgences tracées permettent ensuite de les réduire.

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